Cette composante vise à renforcer la collaboration régionale et à renforcer les capacités locales pour soutenir une réponse régionale harmonisée aux facteurs FCV existants grâce à une approche centrée sur la communauté. Cela se fera au moyen de trois sous-composantes axées sur les niveaux régional, national et local. Au niveau régional, le projet facilitera la mise en place d’une Plate – forme de gestion des connaissances (KMP) pour combler les lacunes dans trois piliers – (i) la collecte de données, (ii) l’analyse et (iii) les activités de dialogue qui soutiendront l’établissement et la mise en œuvre d’une vision régionale commune dans le Liptako Gourma. La mise en œuvre des activités de la KMP nécessitera la participation d’un large éventail de parties prenantes, y compris (i) les universités et les groupes de réflexion (en particulier ceux de la région du Liptako-Gourma); (ii) les acteurs internationaux (par exemple le G5, l’Alliance du Sahel) et les diplomates; (iii) les organisations humanitaires, de défense des droits de l’homme et de développement travaillant dans la région (par exemple l’AFD); (iv) les responsables gouvernementaux locaux, régionaux, nationaux et techniques et les décideurs (des trois pays); (v) les ONG locales et les Organisations communautaires; et (vi) les praticiens du développement et des droits de l’homme. Au niveau national, la composante financera l’essentiel des activités des acteurs nationaux qui contribuent directement aux trois piliers de la plateforme. Enfin, au niveau local, et en s’appuyant sur des approches communes soutenues par la plateforme, le projet renforcera la capacité institutionnelle pour la planification inclusive des investissements, l’engagement citoyen et les activités de cohésion sociale. Ces activités comprennent également le dialogue et la planification pour le changement climatique et la résilience. Les activités qui seront financées par le projet ne comprendront pas la collecte de données personnelles. Aucune données personnelles ou information personnellement identifiable n’a pour objet d’être collectée ou traitée dans le cadre du projet ou par les récipiendaires.

Sous-composante 3a : renforcement d’une plate-forme de collaboration régionale pour le relèvement et la stabilisation

La Sous-composante 3a financera les activités liées à la KMP qui sont mises en œuvre par l’Autorité de développement intégré des Etats du Liptako-Gourma (ALG). L’ALG, en tant que seule organisation régionale composée uniquement des trois partis nationaux, est bien placée pour appuyer la coordination des activités de la KMP. Pour soutenir la mise en œuvre, le projet financera la mise en place d’une unité d’initiative au sein de l’ALG, dotée à la fois de consultants et de personnel détaché par l’ALG. Les activités gérées par l’ALG seront progressivement échelonnées afin de renforcer progressivement les capacités de mise en œuvre, et des institutions spécialisées seront engagées pour appuyer la mise en œuvre des activités de base.

La sous-composante financera également le développement et l’hébergement d’une nouvelle KMP numérique, en s’appuyant sur les contributions des parties nationales et d’autres parties prenantes de la KMP. Pour s’assurer que la KMP reflète les besoins et les préférences de toutes les parties prenantes de la KMP, l’ALG mandatera une firme expérimentée dans la conception centrée sur l’humain pour soutenir un processus de cocréation dans le développement du logiciel. Les fonctions numériques de la KMP refléteront les investissements de la KMP en fournissant une visualisation numérique de ses activités de base et en soutenant des diagnostics exploitables pour éclairer l’élaboration des politiques. Voici quelques exemples de fonctions potentielles : (i) catalogue électronique, créant une bibliothèque numérique de recherches et de rapports dans la région, (ii) publications cartographiques et diagnostics sectoriels, fournissant des diagnostics générés par le système en s’appuyant sur un centre de données intégré pour afficher des informations sur les tendances clés, les déficits et les alertes permettant de guider les investissements locaux, et (iii) un gestionnaire de projet pour identifier les types d’investissements dans la région. En outre, la KMP numérique sera liée à une application de développement axé sur la communauté (CDD) (voir sous-composante 3c) pour diffuser les principaux enseignements régionaux aux communautés cibles. La KMP viendra compléter les initiatives existantes et futures telles que la Plateforme d’analyse, de suivi et d’apprentissage au Sahel (PASAS) de l’AFD et le Centre sahélien d’alerte précoce du G5. L’ALG se coordonnera également avec le G5 Sahel, l’UEMOA et la CEDEAO pour soutenir leur implication dans la KMP.

La KMP comportera une section sur la recherche et la mobilisation de financements climatiques (tels que le financement international basé sur la performance dans la séquestration des gaz à effet de serre et plus particulièrement du carbone, avec le Fonds Bio Carbone et le Secteur privé. Ces fonds peuvent être utilisés pour augmenter l’échelle des interventions et assurer la pérennité des activités dans la région.

Sous-composante 3b : renforcement des capacités nationales pour la collaboration régionale

Cette sous-composante financera les activités des parties nationales liées à la KMP pour soutenir leurs contributions et leur engagement fructueux dans le dialogue régional par le biais de la plateforme. Comme pour la Sous-composante 3a, les investissements sont structurés autour de trois piliers : (i) la collecte de données, (ii) l’analyse et (iii) les activités de dialogue. En ce qui concerne la collecte de données, la sous-composante financera le renforcement des capacités des institutions aux niveaux national et local en matière de données et de suivi, ainsi que des investissements dans de nouvelles collectes et regroupements de données. Ces investissements serviront de base aux diagnostics régionaux et aux nouveaux produits de connaissances. Les analyses appuyées par la KMP s’appuieront sur les données régionales pour générer des analyses fondées sur des données factuelles en vue de l’élaboration de politiques et de programmes régionaux et transfrontaliers. Cela devrait influencer la préparation des futures activités transfrontalières, sur le commerce, les services numériques/énergétiques, etc. Enfin, la sous-composante financera des activités de renforcement du dialogue, en s’appuyant sur une analyse régionale améliorée, pour soutenir une réponse régionale commune et durable à la crise. Dans l’ensemble de ces trois piliers, des liens seront établis pour soutenir la participation des parties prenantes à plusieurs niveaux impliquant des groupes communautaires, des institutions gouvernementales locales, des gouvernements nationaux et des partenaires de développement afin de promouvoir les synergies avec les investissements humanitaires et de développement dans la région. Un accent particulier sera mis sur la participation des gouvernements locaux aux activités régionales à travers une série d’ateliers et de visites qui favorisent l’apprentissage entre pairs et renforcent la collaboration transfrontalière. Les risques et les impacts des changements climatiques dans la région feront partie intégrante des activités de cette sous-composante. On trouvera ci-après une liste indicative des activités dans le tableau 4.

Collecte de données – Centres nationaux de données intégrés et solutions matérielles et logicielles nécessaires à la collecte et à la gestion des données (un accent particulier sera mis sur les données sur les changements climatiques).Développement et suivi des indicateurs du Liptako Gourma, couvrant des indicateurs multidimensionnels utilisés pour suivre et comparer les développements sur plusieurs axes, y compris la gouvernance, le développement socio-économique, la sécurité et la cohésion sociale, les vulnérabilités au changement climatique, etc. recueilli par le biais d’enquêtes.Mener des enquêtes sur la perception des groupes communautaires dans certaines localités en utilisant une approche mixte conçue pour faire le point sur les besoins, les aspirations et les dynamiques intra et intercommunautaires de la communauté.Créer et mettre à jour des registres de projets pour cartographier les investissements par secteur, partenaire et couverture.Pilier 2:

Analyses – Financer les capacités nationales de recherche grâce à des partenariats avec des universités et des groupes de réflexion locaux pour renforcer la durabilité de la plateforme. Cela comprend la commande de nouvelles subventions de recherche basées sur les priorités de développement régional à des universités partenaires pour financer des bourses pour certains doctorants en philosophie (PhD). Un accent sera mis sur l’étude des risques et des impacts du changement climatique dans la région.Soutenir les événements réguliers de partage des connaissances parrainés par l’université, les conférences, les forums, la recherche sur le terrain ou le développement de cours spécifiques liés aux défis régionaux (y compris les défis du changement climatique).Programmes d’apprentissage ciblés pour le personnel de l’UEP, les fonctionnaires des trois États membres, les partenaires de recherche, les gouvernements locaux et les Organisations de la Société civile (OSC) couvrant l’analyse des données, l’utilisation de la KMP et des applications numériques connexes, et le suivi multidimensionnel

Construction de dialogue –Des événements de collaboration, tels que des ateliers et des forums, impliquant des acteurs gouvernementaux internationaux, régionaux et locaux pour coordonner et promouvoir une vision commune pour le développement pacifique et réussi de la région du Liptako-Gourma.Un forum international annuel du Liptako Gourma qui sera organisé par rotation par chaque pays participant, et avec le soutien de l’ALG. Il s’agira d’un événement de grande visibilité pour discuter des questions de développement régional, des initiatives nationales et régionales existantes et de la collaboration possible pour renforcer l’impact des programmes de stabilisation.Visites sur le terrain et études pour documenter les meilleures pratiques dans les activités menées par la communauté, en partageant les leçons dans les différents domaines cibles du projet. Les leçons apprises, les idées clés et les changements de politique convenus seront également communiqués aux gouvernements locaux et aux communautés en tirant parti des outils numériques soutenus par le projet pour améliorer un dialogue fluide à tous les niveaux de gouvernement et améliorer les échanges bidirectionnels avec les communautés.

Sous-composante 3c : renforcement des capacités au niveau local, engagement des citoyens et inclusion sociale

Cette sous-composante vise à renforcer les capacités institutionnelles nationales, infranationales et locales pour mobiliser et autonomiser les communautés et mettre en œuvre des investissements adaptés aux besoins locaux. Elle renforcera la capacité des parties prenantes locales à prendre des décisions inclusives et tenant compte des conflits et du climat pour soutenir l’investissement des fonds au titre des composantes 1 et 2. Plus précisément, la sous-composante financera trois ensembles d’activités interdépendants, couvrant (i) le soutien à la mise en œuvre du cycle de sous-projet, (ii) l’engagement des citoyens et la responsabilité sociale, et (iii) la mobilisation des jeunes, l’inclusion sociale et les activités de cohésion sociale. Les activités seront mises en œuvre par des partenaires facilitateurs (PF), qui sont des organismes spécialisés dans la mobilisation communautaire et le soutien au renforcement des capacités, contractés par l’UEP nationale pour couvrir des zones géographiques spécifiques. La sous-composante couvrira le coût des réunions communautaires, des formations aux niveaux communautaire et communal, des échanges intercommunautaires et des événements d’apprentissage, des activités de renforcement des capacités pour les institutions communautaires et les gouvernements des communes, des activités de responsabilité sociale, une assistance technique tout au long des cycles annuels d’investissement, et des activités d’engagement des jeunes et de compétences non techniques.

Les PF se verront attribuer des communes spécifiques pour renforcer les capacités et fournir une assistance technique aux gouvernements locaux et aux institutions communautaires tout au long du cycle annuel d’investissement, ce qui comprend (i) la mobilisation et l’orientation des communautés; (ii) l’évaluation participative des besoins et la hiérarchisation des investissements; (iii) l’évolution des propositions de sous-projets à inclure dans les Plans d’investissement annuels et le Plan de développement local; (iv) l’appui à la mise en œuvre; (v) le suivi participatif; et (vi) les opérations et la maintenance participatives. Les communautés seront représentées par des comités de développement communautaire (CDC), qui peuvent être constitués de groupes existants ou nouvellement créés en fonction des conditions locales. Ces CDC bénéficieront d’une formation et d’activités de renforcement des capacités, y compris le soutien pour l’élaboration ou la mise à jour des PDL ou des plans d’urgence de la communauté. La formation comprendra le renforcement des capacités d’inclusion des personnes handicapées, la planification au niveau local de l’adaptation au climat et des mesures d’atténuation, et l’élaboration de stratégies de communication et de sensibilisation au changement climatique.

La sous-composante soutiendra les activités de surveillance communautaire et d’engagement citoyen, afin de permettre une participation significative des citoyens au projet. Le projet mettra en place un mécanisme de gestion des plaintes (MGP)[1] à deux volets aux niveaux local et national pour permettre aux parties prenantes touchées de soulever des griefs et de demander réparation si et quand elles perçoivent un impact négatif des interventions du projet. Le mécanisme de gestion des plaintes (MGP) sera conçu en consultation avec les parties prenantes gouvernementales et non gouvernementales concernées. Il établira des processus accessibles, y compris une plate-forme informatique pour soumettre des plaintes, ainsi que des procédures claires allant de l’enquête à la résolution et à la remontée de commentaires. Le MGP prévoit la possibilité de faire appel si les parties lésées ne sont pas satisfaites du résultat. Des comités de MGP au niveau communautaire seront mis en place pour permettre aux bénéficiaires du projet de faire des commentaires en temps réel et seront composés d’au moins une femme et d’un jeune. Une campagne de communication sera mise en œuvre afin d’informer les bénéficiaires et les parties prenantes sur la façon d’utiliser le MGP et de préciser le processus séquentiel d’enquête et de résolution, le calendrier et les procédures. Une gamme de canaux de communication sera adoptée pour atteindre les personnes handicapées. Afin de traiter les plaintes liées à l’exploitation, aux abus sexuels et au harcèlement sexuel (EAS / HS) de manière sûre et confidentielle, des procédures spécifiques seront élaborées en intégrant les canaux EAS / HS dans le MGP général du projet.

Une application numérique simple and innovative (application CDD) sera introduite pour appuyer les comités communautaires, les facilitateurs et les gouvernements locaux tout au long du cycle de projet. L’application sera adaptée afin de refléter les arrangements institutionnels et procédures propres à chaque pays pour améliorer la communication entre communautés et gouvernement. L’outil sera déployé de manière progressive afin d’intégrer les modifications et ajustements requis avant son déploiement à plus grande échelle. L’utilisation de solutions numériques simples devrait renforcer l’approche centrée sur la communauté du projet en assurant une circulation régulière de l’information, en fournissant des orientations tout au long des différentes étapes du sous-projet, ainsi qu’en améliorant la transparence sur les approbations de sous-projet, les allocations de financement disponibles, les besoins de la communauté et les investissements financés. L’application CDD fera progresser les objectifs d’inclusion sociale en suivant les besoins et les aspirations des différents groupes tels qu’ils sont consignés dans le cadre de discussions de groupe, en soulignant quand leurs préférences correspondent aux investissements réels[2]. Les données recueillies alimenteront également la KMP, afin d’éclairer le dialogue régional. La sous-composante financera des serveurs, des activités de formation et des téléphones intelligents pour les comités communautaires et les facilitateurs.

Les activités de mobilisation, d’inclusion sociale et de cohésion sociale des jeunes seront soutenues et intégrées dans les activités de sensibilisation et de mobilisation communautaires du projet. Pour s’assurer que les priorités des jeunes, des femmes et des groupes défavorisés sont dûment prises en compte, le projet impliquera ces groupes dans l’identification de leurs besoins et des opportunités d’investissement potentielles à inscrire dans les plans de développement local. Une liste indicative d’activités comprend :

  • Activités d’accompagnement psychosocial à base communautaire, y compris le soutien aux survivants de VBG (en particulier pour les personnes handicapées);
  • Formations de sensibilisation à la prévention EAS / HS ;
  • Des sessions de sensibilisation inclusives et accessibles (par exemple sur l’inclusion des personnes handicapées) et des campagnes de formation/formation sur les méthodes non violentes de résolution des conflits, la prévention de la violence et la déstigmatisation (et y compris également sur l’action climatique);
  • Des événements culturels et sportifs pour promouvoir la collaboration, l’esprit d’équipe et une identité positive des habitants de la région du Liptako-Gourma ;
  • Des programmes complets de sport et d’art pour aider les jeunes (y compris les personnes handicapées) à développer des compétences de vie et un apprentissage socioaffectif et à améliorer leur voix et leur engagement constructif avec les aînés de la communauté; ainsi que pour aider à prévenir la violence basée sur le genre.

[1] Les données personnelles qui sont amenées à être collectées dans ce cadre et fournies au GBM seront traitées dans le cadre de la Politique sur la confidentialité des données du GBM.

[2] Les fonctions de base des applications CDD comprennent : (i) le renforcement des capacités en ligne, y compris du matériel pédagogique avec des orientations concrètes pour les comités communautaires, les facilitateurs et les gouvernements locaux sur leur rôle à différentes étapes des cycles d’investissement annuels, (ii) les diagnostics communautaires, conçus pour soutenir la cartographie des infrastructures et services disponibles et documenter les besoins prioritaires par différents groupes, (iii) le cycle des tableaux de bord pour permettre aux citoyens d’évaluer les sous-projets, et (vi) un MGP par le biais de multiples canaux (analogiques, téléphones fonctionnels, smartphones, formulaire Web) pour que les citoyens puissent exprimer leurs plaintes, leurs préoccupations ou fournir des commentaires sur les activités du projet.